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Iatrogénie médicamenteuse

La pathologie iatrogène médicamenteuse (effets indésirables sur la santé résultant de la prise concomitante de plusieurs médicaments), plus fréquente et surtout plus grave chez les patients âgés, est actuellement peu connue.

L'iatrogénie médicamenteuse dans le Projet Régional de Santé Poitou-Charentes


Le Schéma Régional de Prévention adopté le 15 décembre 2011 (dans le cadre de l'adoption du Projet Régional de Santé) consacre une fiche spécifique à la lutte contre l'iatrogénie médicamenteuse.

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Fiche 3 - Mesurer au sein des EHPAD de la région le phénomène de la iatrogénie médicamenteuse et lutter contre ce phénomène par la formation des personnels et des soignants concernés

Dès 1998, le nombre des séjours hospitaliers motivés par des effets indésirables médicamenteux dans les services de médecine des établissements publics de santé était estimé à 3,2% de tous les séjours (étude des centres régionaux de pharmacovigilance). Cette tendance fut confirmée à la hausse près de 4 années plus tard. La plupart de ces évènements étaient consécutifs à une prise en charge extra-hospitalière. Les mauvaises pratiques de prescription et les difficultés d'observance sont à l'origine de près de 47% des EI. La population des plus de 65 ans est la plus exposée à ce phénomène de l'iatrogénie médicamenteuse. Cette population souvent aux prises à une poly pathologie est « polymédiquée » et consomme, au long cours, de nombreux médicaments. En effet, plus de 10 millions de personnes âgées de 65 ans et plus consomment chaque jour 7 ou plus de 7 médicaments. Les dispositions de la Loi de santé publique du 9 août 2004 font de ce thème l’une des priorités nationales.

Ce phénomène, lorsqu’il survient au sein d’établissement hébergeant des personnes âgées dépendantes, peut être assimilé à une forme de la maltraitance dont l’origine serait une sous-optimisation chronique des prestations et des soins. Il est souvent lié aux mésusages des médicaments lors de leur prescription ou de leur administration. Parmi les 276 établissements de la région hébergeant des personnes âgées dépendantes, certains ne disposent pas de pharmacie à usage interne susceptible d’organiser dans une stricte conformité et sécurité, la gestion et la prescription et l’administration des médicaments. Au-delà des expérimentations en cours, l’effort régional de prévention consenti dans ce domaine devrait permettre d’atteindre à terme une réduction de 40% des hospitalisations engendrées par l'iatrogénie médicamenteuse chez les personnes âgées de plus de 65 ans.

Téléchargez la fiche complète dans le cadre à droite.

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Etude menée par l'URCAM Poitou-Charentes en 2000

Une étude menée en 2000 par l'URCAM Poitou-Charentes a évalué l'incidence des “Effets Indésirables Médicamenteux” (EIM) graves qui conduisent des personnes âgées de plus de 70 ans à une hospitalisation. 
Cette étude est portée dans 18 établissements publics du Poitou-Charentes auprès de 719 personnes de plus de 70 ans, dont 405 femmes (âgées en moyenne de 83 ans) et 314 hommes (âgés en moyenne de 80 ans).
Cette population consommait en moyenne 5 médicaments par jour.

Objectifs : prévenir les effets indésirables des médicaments
L'ambition de ce travail était de connaître davantage les effets indésirables des médicaments sur les personnes âgées en Poitou-Charentes afin de mieux les prévenir.

Résultats
Suite à cette étude, il s'est avéré que :
 •  90 sujets ont présenté un EIM grave, soit 12,5 % des cas étudiés. La moitié des EIM est provoquée par  des médicaments cardiovasculaires, les thérapeutiques à visée neurologique étant impliquées dans 1/4 des admissions, 
 •  20% des cas (19 malades) ont pris des médicaments qui ont provoqué des interactions médicamenteuses, ces dernières étant jugées directement responsables de l'hospitalisation dans 4 cas (4,4%), 
 •  2 personnes sont décédées (2,2%). Elles consommaient en moyenne 6,6 médicaments par jour.

Les autres accidents concernent des effets dits " attendus " des médicaments, notamment ceux à marge thérapeutique étroite  (Anti Vitamines K (AVK), hypoglycémiant, antiarythmique).

On estime à 20% la part des accidents évitables !
Cette étude a permis d'acquérir les connaissances indispensables à une prévention effective. Elle vise à conduire tous les acteurs du système de soin à une politique du bon usage du médicament, qui contribuera à résoudre ce problème de santé publique.

Actions engagées
 •  en direction des hôpitaux et des établissements privés : ont été réalisées la présentation de l'étude et du système de pharmacovigilance dans chaque établissement et la mise en place d'un correspondant local de pharmacovigilance, 
 •  une communication sur le système ambulatoire à destination des professionnels de santé et des personnes âgées a été mise en place, 
 •  une campagne d'information a été menée dans 18 établissements publics et 20 établissements privés, 
 •  l'étude a été publiée dans la presse médicale et présentée au congrès de médecine gériatrique de Tours le 25 mai 2000, 
 •  un article a été diffusé dans la revue de la CRAMCO destinée aux personnes âgées, 
 •  les résultats sont parus dans Traits d'Union en juin 2000 (le journal de la DRSM) et  dans un Cahier de la Santé  diffusé à plus de 3000 exemplaires, 
 •  le chef de projet, M. Perrochon, et M. le Pr Vandel, sont intervenus lors des Journées de la Santé de la Rochelle en  2000.