Logo ARS


Antidépresseurs

Dans son rapport sur "La consommation des médicaments psychotropes en France"; publié en mars 1996, le Pr ZARIFIAN, déplorait la forte consommation française d'anxiolytiques (3 à 4 fois la consommation des pays voisins) et d'antidépresseurs (2 fois la consommation des pays voisins).

Le rapport ZARIFIAN soulignait également que les nouveaux antidépresseurs « sérotoninergiques » étaient prescrits dans des indications non reconnues telles que l'agressivité, la violence (effet "régulateur" du comportement) ou l'obésité (effet anorexigène).

Dans le cadre de son programme régional d'action pour l'année 2000, l'URCAM de Poitou-Charentes avait  engagé une étude de santé publique avec les services médicaux du régime général et du régime des travailleurs indépendants.

Cette enquête visait :
- à cerner le profil des consommateurs des nouveaux antidépresseurs,
- à contrôler la bonne utilisation de ces produits, la conformité de la prescription aux indications réglementaires, le respect des recommandations du bon usage des soins et des références médicales,
- à s'assurer enfin de la mise en place d'une stratégie thérapeutique efficace associant psychothérapie et chimiothérapie.

Pour cela, un échantillon de 205 patients (aléatoire et représentatif de la population traitée âgée de 15 à 70 ans) a été analysé à l'aide d'un questionnaire médical anonyme, a été constitué et décliné sur les quatre départements.

Résultats

En Poitou-Charentes : des prescriptions justifiées mais un manque de suivi psychothérapique certain.
L’étude a montré que les nouveaux antidépresseurs sont globalement prescrits à bon escient dans notre région, mais des progrès restent à accomplir en ce qui concerne les mesures thérapeutiques associées :
   - prescrire moins d'anxiolytiques et d'hypnotiques aux patients dépressifs ou anxieux serait judicieux,
   - consacrer davantage de temps à la prise en charge psychothérapique le serait plus encore, si tant est que le meilleur remède à la souffrance et à l'angoisse du malade reste, jusqu'à preuve du contraire, l'échange avec son médecin.

Objectifs : sensibiliser et informer les médecins

Compte tenu de ces résultats, l'attention des professionnels a été portée sur le mode de prescription des antidépresseurs, et sur le fait que ces délivrances doivent s'accompagner d'un suivi thérapeutique et psychologique.
Une présentation des premières données de l'analyse a été réalisée lors des Journées de la Santé à La Rochelle en 2000.

Actions

Cette étude a donné lieu à de nombreuses publications :
 • dans des revues médicales spécialisées (revues de l'Assurance Maladie, Encéphale),
 • dans la revue Partenaires Santé en Charente et en Charente-Maritime (juin 2001),
 • dans un numéro des Cahiers de la Santé intitulé "Les nouveaux antidépresseurs" en décembre 2001,
 • dans la presse régionale.


Cette étude a de plus été présentée aux Comités Médicaux Paritaires Locaux des différents départements en vue de l'inscription du thème aux programmes locaux de Formation Médicale Continue (FMC) en septembre et octobre 2001, ainsi qu'à deux FMC organisées auprès des médecins.